Environnement : 197 pays au Rwanda adoptent un accord en faveur du climat

Certains participants à la 28ème réunion sur la protection de la couche d’ozone à Kigali, photo (c) Igihe
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Depuis, plusieurs années, le monde a pris conscience du risque qu’il encourt si la protection de l’ozone n’est pas suffisamment protégée. C’est dans ce cadre, que des sommets et conférences internationaux sont régulièrement organisés pour prendre des mesures appropriés en faveur de l’environnement. Cette conférence mondiale du 13 au 14 octobre 2016 à Kigali, fait suite à une série d’autres sommets qui visaient à conscientiser et convaincre tous les pays à s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est le cas de la conférence de Paris sur le climat en 2015. L’idée de supprimer (du moins progressivement) le gaz à effet de serre avait été lancée à Montréal en 2009. Au Rwanda, les représentants de près de 200 pays ont adopté un accord sur l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC). C’est déjà un grand pas avant la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22) prévue à Marrakech et le sommet de l’année prochaine à Montréal pour réunir les fonds de financement.

Applaudissements nourris, après l'accord sur le climat à Kigali, Photo (c) Igihe

Applaudissements nourris, après l’accord sur le climat à Kigali, Photo (c) Igihe

Pourquoi doit-on s’engager à éliminer des hydrofluorocarbures (HFC)?

Utilisés dans la réfrigération, l’air conditionné, certains aérosols et dans la fabrication de mousses isolantes, ceux-ci sont de redoutables gaz à effet de serre (GES). Ils sont également destructeurs de la couche de l’ozone. Or, la couche d’ozone protège la planète « Terre » (les humains, flore et faune) contre les rayonnements solaires les plus dangereux.

La diminution d’ozone dans la stratosphère est due aux activités humaines, particulièrement au rejet dans l’atmosphère de CFC (chlorofluorocarbone). Lors du Protocole de Montréal au Canada, en 1987, les pays industrialisés avaient décidé de cesser la production de CFC.

L’accord adopté à Kigali, prévoit un calendrier en vue d’une élimination progressive de la production et de la consommation de HFC, question particulièrement épineuse pour des pays tels que l’Inde, immense puissance économique en voie de développement. Le texte divise les pays en trois groupes en fonction de la date à laquelle ils devront réduire l’usage de ces gaz industriels. Les pays riches sont appelés à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres.

Rassemblés dans un premier groupe, les pays dits «développés», comprenant les Etats-Unis et la plupart des pays d’Europe, devront réduire leur production et consommation de FC de 10% d’ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, ce chiffre devant passer à 85% d’ici à 2036. Beaucoup de ces pays ont déjà commencé.

Un deuxième groupe de pays «en voie de développement», dont la Chine et les pays africains, se sont engagés à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d’ici à 2045.

Un troisième groupe de pays «en voie de développement» incluant l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Irak et les pays du Golfe se sont quant à eux engagés à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

Certains participants à la 28e réunion sur la protection de la couche d’ozone à Kigali, photo (c) Igihe

Certains participants à la 28e réunion sur la protection de la couche d’ozone à Kigali, photo (c) Igihe

Le rendez-vous de Kigali, rehaussée par une grande mobilisation dont dont le secrétaire d’Etat américain John Kerry,  devait donc permettre de concrétiser les engagements pris dans le cadre du pacte de Paris, qui entrera en vigueur début novembre. Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s’est engagée à agir pour contenir la hausse de la température globale « bien en deçà de 2°C » par rapport au niveau préindustriel et à « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C.

L’élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d’ici à 2021, selon une étude publiée en 2015 par « l’Institute for governance and sustainable development » (IGSD), un groupe de réflexion. À l’horizon 2030, elle permettrait d’éviter jusqu’à 1,7 gigatonne d’équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

Jean-Claude Mulindahabi

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